KHAN ACADEMY. L’école (online) pour tous

Libre d’accès et ouverte à tous, la Khan Academy est une école dématérialisée, constituée d’une base de plus de 4000 tutoriels vidéos. D’abord centrée sur les mathématiques, cette méthode pédagogique s’ouvre à tous les domaines, et à toutes les langues…

Pas de doute : Salman Khan est le prof de maths le plus populaire au monde. Cet  Américain de 37 ans, d’origine bangladaise et indienne, bardé de diplômes du MIT, fait la classe à plus de 80 millions d’élèves à travers la planète. Sans jamais élever la voix, ni montrer son visage. C’est sur des vidéos Youtube (sous licence creative commons) que ce super tuteur révolutionne la façon d’apprendre théorèmes, fractions et autres problèmes géométriques, depuis sept ans maintenant.

Tout à commencé un peu par hasard, lorsque Salman est sollicité, en 2004, par sa petite cousine Nadia pour l’aider avec les mathématiques. A l’aide du bloc-note Doodle de Yahoo, il forge ainsi ses premières méthodes. Les résultats l’enthousiasment, et, après deux années à imaginer son projet de salle de cours dématérialisée, Khan lance sa désormais célèbre « Academy » en 2006, avant de quitter pour de bon son emploi dans la finance, en 2009, afin de s’y consacrer à temps plein.

Plus de 4000 vidéos

La Khan Academy, financée en grande partie par des mécènes (dont Bill Gates, fan de la première heure) compte aujourd’hui plus de 4000 mini-leçons vidéo. Des maths, bien sûr, mais aussi des tutoriels sur l’économie, l’Histoire, la biologie, l’informatique, etc. Elles fonctionnent selon le même modèle pédagogique, devenu la marque de fabrique de la galaxie Khan : des vidéos d’une dizaine de minutes, sous forme de tableau noir animé, comme s’il était posé à l’horizontale à côté de l’élève, avec une voix off qui explique les problématiques – aussi austères soient-elles – comme si elle racontait une petite histoire.

Si cette école virtuelle – et gratuite – efface donc la figure du professeur dans ses « tutos », l’ambition de Salman Khan n’est pas de chasser les pédagogues humains et de fermer les écoles. Au contraire, il voit son programme comme un appui théorique venant en complément des exercices pratiques à faire en classe. Ses cours ont d’ailleurs quitté l’ordinateur du salon pour les salles d’informatique de nombreuses écoles américaines, et servent de base aux programmes d’ONG à travers le monde, et notamment en Inde.

Le chantier des traductions

Aujourd’hui, l’empire de Khan est encore en voie d’extension. Le fondateur ambitionne de créer « des dizaines de milliers » de nouveaux didacticiels. S’il est plus que jamais le grand manitou de sa méthode éponyme, il dispose désormais d’une équipe d’une cinquantaine d’employés, réunis dans un très cool open-space de la Silicon Valley, pour peaufiner ses vidéos et promouvoir l’enseignement. Un pool de doctorants s’attelle désormais aux nouvelles leçons, sous la supervision d’un comité scientifique ad hoc.

Salman Khan ne compte pas se limiter à des tutoriels en anglais : le nouveau chantier du magnat des maths concerne la traduction de ses cours en ligne. Le but, ces prochains mois, est de les rendre accessibles dans les langues les plus parlées au monde. En France, c’est avec le concours de l’association Bibliothèques sans frontières (BSF) que l’opération de traduction a été lancée en septembre 2013. Du primaire au lycée, un millier de cours en ligne sont déjà disponibles. Et ce n’est qu’un début.

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