“Chérie, j’ai rétréci les GGSDs !” Retour d’un business model crash test

Voici la synthèse d’un atelier business model crash test appliqué à une petite association de permaculture de Genève réalisé dans le cadre de l’évènement G3ID qui s’est tenu à Genève le 24 mars dernier.
Le thème de cette journée inédite, appelée G3ID, la première édition en son genre, c’était d’accélérer d’au moins 10 ans, la poursuite des objectifs de développement durable, les désormais fameux SDGs ou GGSDs

Avec la sortie récente d’Open Models for Sustainability, il semblait évident de regarder ce que nous pouvons faire concrètement pour aider une initiative locale, tangible, naissante, portée par un entrepreneur de la nouvelle génération, qui a l’éthique et la motivation pour réussir à changer le monde.

Pourquoi attendre 2030 quand on peut réfléchir à ce qu’on peut faire dès demain ?

C’était l’état d’esprit affiché de cette belle journée. Après nos lasagnes vegan, et notre capsule de café sans alumnium, (yummy!), direction la salle où se déroule nos ateliers. La co-creation factory !

Organisés en 5 worksstream pour cette journée, nous nous sommes concentrés sur le grand thème “Embrassing failure”. Au sein de ce workstream, plusieurs formats collaboratifs se sont succédés toute la journée, et notre séance devait relever un challenge de modèle économique, en utilisant le Business Model Crash Test de Without Model.

Antonio, lance la discussion avec la passion et l’inspiration de l’entrepreneur et la force des principes de la permaculture.

Autour de lui, une équipe de mentors bienveillants, venus de tous les horizons et de nombreuses organisations internationales (UN, UNICEF, ITC, ILO, WHO…)

Notre association Pangloss Labs en co-animait certains, (nous étions aussi sur scène, en pleine distribution de tract, et à tenir 3 stands “amis” simultanément!), et en collaboration avec Raphael Dard, d’ITC Innovation Lab, qui coordonnait notre workstream “Embrassing Failure”, nous avions tous bien préparés notre avant, avant le jour J.

Les briefing préparatoires pour bien découvrir les opportunités et les menaces d’une association qui se lance dans la permaculture, avec des discussions passionnées avec Antonio Pisante et Raphaël Dard dans la “Genève alternative” (si, si, ça existe!). Grâce à eux, nous avons pu découvrir les principes de la permaculture, ses bienfaits (sur la santé, pour la terre, contre la pollution), les risques qu’elle permet d’éviter (notamment sur la fertilité masculine), et quelques grands penseurs ou gurus de la permaculture, et aussi des grands auteurs, notamment Rob Hopkins, guest star de cette première édition de G3ID.

Les principes de la permaculture sont clairs, et les praticiens sont convaincants, oui, mais voilà, comment on structure l’offre, qui finance les coûts, comment on démarrer, est-ce qu’on peut en vivre ?Autant de questions, sans réponse évidente.

L’équipe de choc de la co-création factory (Raphael, Stephan et Yves)

Il nous fallait donc un challenge pour notre business model crash test, et nous avons choisi celui là:

Comment faire pour que la permaculture devienne “mainstream” ?

Au 8ème étage de la tour vintage des CFF, en pleine “métamorphose”, avec une vue plongeante sur les énormes travaux en cours dans ce quartier, proche du P+R Etoile pour ceux qui connaissent le quartier !

Il y avait foule pour G3ID, incroyable qu’autant de monde ait réussi à ce rendre dans ce lieu improbable ! Bien plus de monde que prévu, puisque les organisateurs ont dû refuser du monde, et c’est tant mieux.

Puisqu’il s’agit d’accélérer, autant faire les choses complètement, aussi, nous avons relevé plusieurs challenges:

  • accélérer notre format de business model crash test (de 2 heures à 45 minutes)
  • répondre au challenge proposé par un des partenaires de G3ID, l’association Creative Permalab.

Pour faire rentrer 120 minutes dans 45 minutes, tout en restant pertinent pour Antonio et son équipe, il nous fallait un pro de la modération, et de l’aspect humain, Stefan Krajcik d’ArtLink, était notre homme !

Je me demande encore comment nous avons pu réussir ce pari. Bref, technique de sous-groupe, restitution des 3 idées principales, et des 3 actions faisables dans les 15 jours, sur chacune des dimensions du business modèle canva bilingue, et le tour était joué.

Les mentors bienveillants des organisations internationales de Genève

Par groupes de 3 personnes, nous avons décortiqué chacun des challenges clés du modèle économique de la permaculture, et nous avons réfléchi au passage à l’échelle.

Sans doute quelques hypothèses de Creative Permalab ont été bousculé, et c’est tant mieux, ils en redemandent ! Sans doute aussi devrons nous affiner tout cela, pour que cela devienne un tout cohérent. En tout cas, avec ce business model canva bilingue, bien rempli, l’équipe de Creative Permalab ne devrait pas s’ennuyer ce printemps. Passez les voir si vous passez par là.

Un grand merci à tous les mentors bienveillants pour les idées nombreuses, variées, pour les suggestions d’actions concrètes, et surtout pour le sourire et la bonne humeur de cette séance, malgré la contrainte du timing, certaines équipes nous ont rempli le canva de 12 post-it lorsqu’on leur en demandait 3 !

Pour finir en beauté, entendu dans les couloirs, une idée qui pourrait faire son chemine:

“Et si tous les projets soutenus par les organisations internationales devaient être obligatoirement ouverts ?”

En voilà un scénario prospectif qui serait intéressant d’étudier de plus près…

Partager

Yves Zieba

À propos de Yves Zieba

Yves Zieba est entrepreneur à Genève. Il a étudié à ESCP Europe, HEC Montreal, IMD et LBS, il s'est spécialisé en stratégie agile et en innovation ouverte. Il a effectué la plus grande partie de sa carrière au sein de grands groupes leaders dans leurs activités: Arthur D. Little, Mannesmann, Degussa, Safran, Total, Thomson Reuters. Yves a été intrapreneur dans un incubateur avant de devenir entrepreneur, il est maintenant un conférencier et mentor de start ups indépendant. Il enseigne auprès des programmes d'executive MBA; de Master et de Bachelor, notamment aux HEG, auprès de l'Université de Genève et de l'EPFL Innovation Park. Il est actif dans le monde associatif français et suisse, il préside l'association Pangloss, qui encourage l'innovation utilisant les modèles économiques ouverts. Il a co-fondé Genevita, une fondation pour le développement de la médecine personnalisée, et fait partie du Conseil Consultatif de Softweb, l'incubateur d'innovation sociale en Suisse Romande. Genevois d'adoption, il anime la communauté des 600 anciens ESCP Europe en Suisse, et est passionné par le sport et par les technologies de transfert du savoir et les nouvelles technologies de l'éducation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *