Comment améliorer l’impact des projets ouverts ?

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Les modèles ouverts sont nombreux mais butent souvent sur la diffusion. Entre idéologie et faisabilité technique, comment parvenir à augmenter leur impact ? Avec eiom, nous cherchons à promouvoir cette vision de l’open, dans le secteur de l’énergie, traditionnellement très verrouillé.

Quand on parle de l’open-source autour de soi, beaucoup n’y voient qu’un obscur monde d’écrans vert sur noir. Linux, Mozilla Firefox, Libre-office, et beaucoup d’autres ont participé à la démocratisation de l’open, mais tous ces logiciels restent souvent associés à une idéologie, et sont souvent considérés comme étant réservés à une certaine communauté.  Faut-il vraiment s’y connaître pour utiliser, profiter de, et contribuer à l’open-source ? Ce qui est vrai du logiciel est souvent d’autant plus vrai pour d’autres domaines. Les œuvres en Creative Commons sont hélas encore extrêmement peu diffuses,  et l’open-hardware se résume bien souvent à des plans complexes accessibles via des serveurs poussiéreux. Les contributeurs de l’open-source n’ont-ils donc jamais pensé à optimiser l’user-expérience proposée ?

Un enjeu idéologique

Pendant longtemps, et encore aujourd’hui, de nombreux enseignants considèrent que Wikipedia n’est pas une source viable, par défaut. Certes, le modèle n’est pas sans présenter certaines limites, mais Google (qu’on sait très tatillon sur la qualité des résultats de recherche) n’a parfois aucun complexe à citer directement un article Wikipedia pour répondre à une requête utilisateur.  Si la puissance des modèles ouverts n’est plus à démontrer pour les convertis, beaucoup y voient encore les dérives avant d’en voir le potentiel. Certains secteurs, qui se sont construits autour de la logique du « hit » s’opposent même violemment aux modèles ouverts qui favorisent, a priori, la quantité sur la qualité.

Mais ce clash idéologique peut aussi se retrouver dans l’autre sens. L’enjeu avec l’open, c’est que ca ne peut marcher que si tout le monde joue le jeu. Ou en tous les cas, c’est ce qui est ancré dans l’imaginaire collectif. Il y a, dans les communautés open-source, une peur du « profiteur » qui utiliserait  l’open sans jamais contribuer. Mais cette peur, aussi justifiable puisse-t-elle être, doit-elle limiter l’impact des projets construits sur des modèles ouverts ? Les modèles ouverts peuvent être viables économiquement, ce n’est plus à prouver, et de nombreuses sociétés de l’open surfent sur une utilisation massive de leurs produits ouverts tout en parvenant à protéger leurs contributeurs ou financeurs en leur apportant une valeur supplémentaire. Qu’il soit intellectuel, social, ou politique, le moteur qui pousse les contributeurs de l’open est souvent détaché du lien direct avec l’utilisation  du produit ou service développé.

Un enjeu de faisabilité

Au delà des convictions personnelles anti ou pro open, les projets ouverts se retrouvent souvent confrontés à une concurrence énorme pour faire rayonner leurs produits ouverts. Mozilla fait face à la force de frappe de Google ou d’Apple pour distribuer son navigateur Firefox. Beaucoup voient encore l’utilisation de Firefox comme un acte presque politique, ou en tout cas motivé par une conviction plutôt que par la qualité du produit. C’est tout simplement un enjeu d’image. Les modèles ouverts restent limités à une certaine communauté fermée parce que le grand public peine à voir la valeur de ces initiatives par manque de communication ou tout simplement par préjugé. Mais l’impact de ces initiatives, quelles qu’elles soient est, et sera toujours conditionné par une adoption massive, ou en tous les cas par l’obtention d’une « masse critique ».

Il faut diffuser à grande échelle ces projets ouverts

Safari et Chrome ont incorporé la logique de l’extension après Firefox, qui cherchait comment diffuser un navigateur truffé de fonctionnalités à des gens qui n’avaient besoin que d’un navigateur, sans pour autant supprimer des fonctionnalités essentielles pour les contributeurs, qui les avaient bien souvent développées eux-mêmes. C’est cette dualité d’intérêts qui est à l’origine de la logique de l’extension, qui a été reprise par Google et Apple et qui est devenue un standard pour tout le monde. On pourrait en vouloir à ces deux géants qui ont « volé » l’idée sortie de cette dualité qui anime des organisations comme Mozilla. Mais n’est-ce pas pour le mieux ? N’est-il pas préférable que cette innovation, qui permet des navigateurs plus performants par défaut et entièrement personnalisable, une navigation plus souple et le développement d’une expérience utilisateur plus riche sur le web (de meilleurs navigateurs permettent de développer des sites plus riches) s’étende au delà de la seule communauté d’utilisateurs et de contributeurs de l’open ?

Faut-il promouvoir l’open pour l’open ou pour l’impact qu’il peut avoir ? Rapidement confrontés aux géants du secteur de l’énergie qui écrasent (malgré eux, ou pas) des projets open-source qui peinent à sortir du stade de prototype, nous souhaitons diffuser massivement ces initiatives pour étendre leur impact au delà des communautés de l’open. Nous voulons interroger la définition de l’ouverture. Peut-on étendre l’utilisation de l’open de façon massive ?  Comment avoir un impact réel et durable sur son secteur d’activité tout en apportant de la valeur à ses contributeurs ?

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Axel Lavergne

À propos de Axel Lavergne

Étudiant à l’ESCP Europe, Axel est l’un des co-fondateurs d’eiom, qui cherche à promouvoir l’open dans le secteur de l’énergie.

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